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La tour des Diablots : chronique photographique d’une disparition

Avant que tout commence


Fin juin. Le quartier des Diablots à Saint-Leu-la-Forêt s’apprête à tourner une page de son histoire. La plus haute tour du secteur, longtemps repère visuel dans le paysage, va être déconstruite.


La ville m’a confié une mission particulière : en garder une trace, en images. Pas seulement pour aujourd’hui, mais aussi pour demain. Pour les archives municipales, pour le magazine distribué aux habitants, et pour cette mémoire collective qui survit grâce aux images.


Je me souviens encore de la toute première visite. Ce jour-là, j’ai franchi une dernière fois les couloirs de la tour aux côtés de Sandra Billet, maire de Saint-Leu-la-Forêt, et des équipes de désamiantage et de déconstruction. À l’intérieur, les appartements étaient vides. Mais les murs, eux, parlaient encore : restes de papiers peints colorés, traces de mobilier, carreaux fissurés. L’histoire du lieu s’inscrivait dans ces détails. Photographier ces fragments avant qu’ils ne disparaissent, c’était déjà raconter une part du chantier.


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Du ciel : un nouveau regard


Dès le lancement de la déconstruction, une autre phase a commencé pour moi : le suivi en drone. J’ai utilisé mon DJI Mini 4 Pro pour capter des images aériennes, déclarant chaque plan de vol aux autorités compétentes. Six passages au total : un premier fin juin, puis cinq fois au mois de juillet. À chaque fois, je devais composer avec les contraintes : la météo, la sécurité, et ce danger permanent pour le drone de croiser un morceau de béton en chute libre.


Mais c’est précisément ce que j’aime dans ce type de mission : trouver la bonne distance, jouer avec le cadre, chercher le point de vue qu’on n’attend pas.


Depuis les airs, la tour devenait sculpture fragile, en équilibre entre passé et disparition.


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Photographier un chantier, un terrain de jeu créatif


On pourrait croire que suivre un chantier est répétitif. Pour moi, c’est tout le contraire. Chaque passage est une nouvelle scène, une nouvelle lumière, une nouvelle texture.

  • Les machines qui s’attaquent au béton dessinent des formes improbables.

  • Les gravats créent des reliefs où l’ombre et la lumière se croisent.

  • Les façades éventrées révèlent des morceaux de vie passés : une peinture murale, une couleur de chambre, un balcon désert.


C’est un terrain de jeu visuel. On peut choisir d’intégrer les ouvriers, silhouettes minuscules face à la masse de béton, ou au contraire, se concentrer sur l’abstraction des lignes et des matières.


Et puis, il y a le noir et blanc. Ceux qui me connaissent savent combien j’y tiens. J’ai traité certaines images en monochrome, et la magie a opéré : la force brute du béton, la poussière en suspens, les contrastes puissants… Le noir et blanc transforme une scène technique en image intemporelle.


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Un chantier… et une histoire collective


Ce reportage n’était pas qu’un défi technique ou esthétique. C’était aussi une mission de mémoire.La Ville de Saint-Leu-la-Forêt m’a confié cette responsabilité avec un objectif clair : créer des archives visuelles pour accompagner la transformation du quartier et transmettre aux habitants un récit en images.

En septembre, mes photos sont parues dans le magazine municipal, distribué à 16 000 habitants. Un support concret, accessible à tous, qui a donné une autre vie à ces images.

Au-delà du rendu final, j’ai ressenti une vraie reconnaissance de la part de la Ville et de ses équipes. Être choisi pour documenter un projet aussi marquant, c’est un signe de confiance qui compte.


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Ce que j’en retiens


À chaque mission de ce type, je retrouve la même sensation : un mélange de défi, de jeu et de fierté.

Défi, parce qu’il faut s’adapter à tout : aux conditions de vol, aux contraintes de sécurité, aux imprévus du chantier.

Jeu, parce que la photographie de chantier, ce sont des angles improbables, des perspectives à inventer, des textures à sublimer.

Fierté, parce qu’au final, on apporte plus que des photos : on crée une mémoire, on accompagne un projet, on écrit un morceau d’histoire locale.


Quand je vois la dernière image du site — un terrain vide, des gravats balayés — je mesure le contraste avec ma première visite, dans les appartements silencieux. Entre ces deux instants, il y a eu des dizaines d’heures de travail, de vol, de cadrage, de tri, de post-traitement. Mais surtout, il y a une histoire que les habitants pourront relire demain à travers les images.


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Conclusion


La déconstruction de la tour des Diablots a été pour moi plus qu’un simple suivi de chantier. C’était un reportage au long cours, une plongée dans la transformation d’un quartier, et une nouvelle preuve que la photographie peut être à la fois outil technique, artistique et mémoire vivante.



📸 Vous êtes une entreprise, une collectivité, un acteur du bâtiment ?


Documenter vos chantiers, vos transformations, vos projets, c’est bien plus qu’un suivi technique. C’est une façon de valoriser vos savoir-faire, de partager vos réalisations et de constituer des archives précieuses. Si vous souhaitez confier ce type de mission à un photographe professionnel, je serai heureux d’en discuter avec vous.

 
 
 

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